Littérature Hongroise
Sur cette page, des extraits, parfois bilingues et des brèves. Pour la littérature hongroise, nous vous conseillons de consulter aussi les autres pages de notre site ainsi que la page librairie hongroise.
Péter Esterházy : J'accuse ! >> ici
Ibolya Virág a eu l'idée un jour de demander un texte à l'écrivain hongrois afin que celui-ci explique les origines familiales du commandant français Ferdinand Walsin Esterhazy dont la trahison avait déclenché l'affaire Dreyfus. Publié par les soins de l'éditrice dans Libération, puis dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, "J'accuse" est rapidement devenu le texte à succès de Péter Esterházy lors de ses rencontres-lectures avec le public à travers le monde.

L'écrivain Zoltán Kőrösi n'a pas encore de livres traduits en France, mais vous pouvez lire certains de ses textes en traduction française sur son site >> ici
Mit mondanak a külföldiek a magyar nyelvröl ? >> itt
L'écrivain Zoltán Kőrösi n'a pas encore de livres traduits en France, mais vous pouvez lire certains de ses textes en traduction française sur son site >> ici
Dezső Kosztolányi
La poésie de Kosztolányi reste peu connue dans notre
pays. Voici un poème traduit en français::
LES PLAINTES DU PAUVRE PETIT ENFANT
(Fragments)
Comme celui qui dans les rails vient de tomber
et revoit à l'instant tout ce qu'il a vécu,
voyant alors comme jamais il n'avait vu,
Quand cahotant, brûlant, grondant, les roues avancent
et que s'allument des mirages zigzagants…
Comme celui qui dans les rails vient de tomber,
je dis adieu. Adieu à la lointaine vie,
à l'infini, légende au loin qui m'est ravie,
comme celui qui dans les rails vient de tomber.
Comme celui qui dans les rails vient de tomber
– horrible volupté, panorama sauvage –
allongé dans les rails et que les roues saccagent,
j'entends au-dessus de mon corps, rouler le temps,
pendant que la mort tonne et s'éloigne en grondant;
je prends ce que je peux prendre d'éternité:
rêves et papillons, cauchemars et beautés.
Comme celui qui dans les rails vient de tomber.
* * *
La tristesse s'est fiancée à ma soeur,
elle est assise en silence parmi ses fleurs,
toujours seule, si douce et si tendre,
fleur elle-même, fanée, qui va se rendre.
La tristesse s'est fiancée à ma soeur.
Près de la fenêtre, elle attend, pâle et frêle,
la souffrance est penchée sur son coeur,
lorsqu'une rose éclôt, ce n'est pas pour elle.
Sur son front grave, on dirait un deuil,
des boucles pendent, décolorées, comme celles
d'une vierge morte sur le coussin du cercueil.
Elle regarde au loin, les yeux doux, sans rien dire,
ne peut sangloter et n'ose pas sourire.
Mais dès qu'il n'y a plus personne dans la chambre,
ouvrant les vieilles armoires et s'y attardant,
elle pleure de voir sa tête triste et sans couronne,
et lorsque le clair-obscur l'environne,
les larmes tombent sur les dentelles jaunies,
et son coeur de verre fêlé, son coeur meurtri,
tinte, fatal, comme une coupe en diamant,
car quelqu'un joua avec ce coeur pur, ce coeur aimant,
et le brisa. Et parfois il m'arrive,
quand par hasard j'entends dans sa chambre un soupir,
de prier, chuchotant et pâle, vers minuit,
et je ne peux plus m'endormir.
Toujours là-bas elle contemple les jardins
où le soleil jaune et triste ressuscite et revient,
où le soir aux lourdes ailes redescend avec douceur…
Elle attend.
La tristesse s'est fiancée à ma soeur.
(traduction de Guillevic)
Ainsi qu'un petit cadeau, en hongrois, afin de faire apprécier la musique de cette langue, à destination de tous ceux dont l'enfant se prénomme...
ILONA
Lenge lány, aki sző, holdvilág mosolya:
ezt mondja a neved, Ilona, Ilona.
Lelkembe hallgatag dalolom, lallala,
dajkálom a neved lallázva, Ilona.
Minthogyha a fülem szellőket hallana,
sellőket, lelkeket lengeni, Ilona.
Müezzin zümmög így: "La illah il' Allah",
mint ahogy zengem én, Ilona, Ilona.
Arra hol feltün és eltün a fény hona,
fény felé, éj felé, Ilona, Ilona.
Balgatag álmaim elzilált lim-loma,
távoli, szellemi lant-zene, Ilona.
Ó az i kelleme, ó az l dallama,
mint ódon ballada, úgy sóhajt, Ilona.
Csupa l, csupa i, csupa o, csupa a,
csupa tej, csupa kéj, csupa jaj, Ilona.
És nekem szín is ez, halovány kék-lila,
halovány anilin, ibolya, Ilona.
Vigasság, fájdalom, nem múlik el soha
s balzsam is, mennyei lanolin, Ilona.
Elmúló életem hajnala, alkonya,
halkuló, nem múló hallali, Ilona.
Lankatag angyalok aléló sikolya.
Ilona, Ilona, Ilona, Ilona.


