Annuaire association

Supprimer toutes les publicités avec l'asso-pack + ?
Commander !

Cotizasso, gérer les cotisations de vos adhérents

Attila Jozsef, écorché vif par le réel - spectacle à Marseille

« Ta blessure est ce monde ardent »
se joue au Lenche jusqu’à samedi 16 avril 2016
Un spectacle adapté de l’œuvre du visionnaire poète hongrois. 

 

« J’avais soudain l’impression que je découvrais la voix d’un frère qui me parlait. Une voix à la fois saisissante et réconfortante », décrit Frédéric Grosche en évoquant l’œuvre du poète hongrois d’entre-deux-guerres Attila Jozsef, qu’il met en scène dans un spectacle intitulé Ta blessure est ce monde ardent, qui se joue dès aujourd’hui au Théâtre de Lenche tous les soirs jusqu’à samedi.

 

Frédéric Grosche semble habité par cet auteur, ayant « beaucoup compté, aussi bien d’un point de vue intime que professionnel », qu’il découvrit au début de années 2000. Un poète écorché vif, issu d’une famille plus que modeste, abandonné par son père à l’âge de 3 ans et dont la mère mourut alors qu’il en avait 14. « Je n’ai ni père, ni mère, ni Dieu, ni patrie, ni berceau, ni linceul, ni baisers ni amour », écrivait-il déjà à 20 ans, posant les jalons d’une œuvre libertaire qui allait « dénoncer les malheurs de son époque avec âpreté et violence ». Attila Jozsef était balafré par la vie. Des stigmates dont il a tiré une œuvre majeure pourtant trop méconnue en France. Une absence de reconnaissance qui peut s’expliquer par la langue hongroise, « difficile à traduire », surtout les écrits d’Attila Jozsef qui contiennent aussi « du hongrois primitif, des mots inventés, et certaines références littéraires  », pense Frédéric Grosche. Attila Jozsef avait beaucoup travaillé sur la musicalité de ses écrits. « Il était patriote, voulait servir sa Nation et a ainsi réfléchi sur l’identité culturelle de son pays en s’inspirant de la poésie populaire hongroise. Un peu à la manière de Bartok qui a fait de même avec les mélodies populaires  », explique le metteur en scène. Rendre grâce au rythme saisissant des vers qui caractérise Jozsef parait ainsi couler de source. « Il a fallu travailler l’espace et la parole afin de la retranscrire dans le corps de l’acteur. Pour que sa poésie ne soit pas abstraite et fasse le même écho qu’une parole », continue-t-il de détailler.


Le jeune Attila Jozsef avec sa sœur

 

Attila et l’Europe trépassent
 

Une absolue nécessité de préserver cette résonance car Attila Jozsef a été traversé par différentes postures politiques, « mais jamais dogmatiques », précise Frédéric Grosche. Un temps membre de l’Union anarchiste communiste, le poète adhéra un an plus tard au Parti communiste hongrois dans la clandestinité duquel il fut ensuite exclu pour « crime d’idéalisme ». « Il s’inscrit dans une tradition de poètes visionnaires et démiurges. Il voit en premier et achoppe sur le réel. Quelque chose de l’ordre du cosmique », estime le metteur en scène au sujet de l’auteur, perçu en Hongrie tel « l’équivalent d’un Rimbaud  ».
 

Il voit en outre dans l’époque vécue par Jozsef certaines analogies avec le contexte actuel : « La Hongrie a été l’un des premiers régimes à s’allier avec le nazisme. On pourrait faire un parallèle avec le gouvernement actuel en place, très réactionnaire. Les vieux démons de l’Europe sont toujours là ». Le Vieux-continent s’est suicidé sur l’autel du populisme. Attila Jozsef mit quant à lui fin à ses jours sur les rails d’un train, « ne voyant aucune issue à sa névrose ».

Article de Philippe Amsellem paru dans La Marseillaise.

 

http://www.theatredelenche.info

 



Réagir


CAPTCHA


Calendrier
« Mars 2017 »
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031
Livre d'or Pas encore de message

Aller sur le livre d'or

Galerie photos

Salon du Livre 2012

Météo

Samedi

min. 6 ° max. 17 °
Ciel dégagé

Dimanche

min. 6 ° max. 18 °
Ciel dégagé

Lundi

min. 8 ° max. 19 °
Ciel dégagé