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"Les fleurs bleues", le dernier film d’Andrzej Wajda

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Le père du cinéma polonais aura filmé jusqu’à son dernier souffle avec une rage intacte et un sens percutant de l’image. On n’oubliera pas le plan final de son premier film "Kanal" (57) pas plus qu’on n’oubliera la première séquence des "Fleurs bleues", son ultime long métrage.
 

Des jeunes peintres sont à l’œuvre aux quatre coins d’un paysage campagnard vallonné. Un chevalet sous le bras, une étudiante va aux renseignements, demande où se trouve le professeur Strzeminski. On lui désigne un homme tout en haut d’une butte. D’ailleurs, il lui fait signe qu’il va venir l’accueillir. Mais comment, se demande intérieurement la jeune fille, qui voit un vieil homme en appui sur deux béquilles, à qui il manque une jambe et un bras . Et le Pr Strzeminski de se coucher et de se laisser rouler jusqu’en bas.

Les étudiants l’adorent. Il y a le prestige tout d’abord. L’homme fut l’assistant de Malevitch, le compagnon de route de Kandinsky et de Chagall. Et puis, il a ouvert le premier musée d’art contemporain polonais à Lodz où il a fondé une école d’art. Surtout ses cours sont passionnants, tant sa théorie sur le regard que ses lumineuses analyses des tableaux. Enfin, et plus que tout, il a cette façon de pousser ses étudiants dans leur propre direction, à peindre ce qu’ils sont.

 

Tout le monde adore Strzeminski sauf les autorités communistes qui viennent de s’installer au pouvoir en 48. Là encore, Wajda délivre une image puissante. Dans son salon, le peintre dépose une toile vierge sur son chevalet. Celle-ci devient subitement rouge car on vient de dérouler devant sa fenêtre une immense banderole écarlate en l’honneur de Staline. Et notre artiste d’y découper son coin de lumière naturelle.

Celle-ci n’existe plus, lui explique-t-on au commissariat. La peinture est désormais réaliste socialiste, la toile doit exalter l’enthousiasme des paysans et des ouvriers pour la révolution. L’art et l’idéologie marchent désormais main dans la main et au pas.

Mais Strzeminski ne marche pas de ce pas-là. C’est pas grave, il ne bougera plus, décrètent les autorités. Sa cotisation à l’association des artistes est refusée avec conséquences immédiates : plus de travail, plus de ticket de rationnement, même plus le droit d’acheter un tube de peinture. Le communisme, c’est pas compliqué : tu marches dans le sens du parti ou tu crèves.

Strzeminski préfère crever. "Les fleurs bleues" est le récit de cette intransigeance, d’une agonie qui va durer quatre ans.

 

Wajda met un splendide point final à sa carrière en réinstallant en pleine lumière, en ressuscitant un homme qu’il avait probablement croisé lorsqu’il était lui-même étudiant à Lódz juste après la guerre. Un homme que le pouvoir socialiste a méticuleusement brisé avant de faire disparaître ses traces. Un homme qui a peut-être constitué pour le réalisateur, une référence d’intégrité artistique, un modèle de courage politique.

A 90 ans, Wajda a mis tout son talent, notamment pictural en travaillant cette lumière "communiste": grise, terne, poisseuse, dépressive, mortifère.

On y retrouve ses thèmes majeurs: la résistance, l’histoire de l’art et de la Pologne, la tragédie d’un homme brisé par le parti qui incarnait son idéal. Et il a trouvé en Boguslaw Linda, l’acteur parfait au charisme exceptionnel et à la détermination de marbre. (La Libre Belgique)



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