Annuaire association

Supprimer toutes les publicités avec l'asso-pack + ?
Commander !

Cotizasso, gérer les cotisations de vos adhérents

Amours Aveugles, un film de Juraj Lehotsky

Sortie le 11 février 2009


Le documentaire Amours aveugles, premier long-métrage du réalisateur slovaque Juraj Lehotsky, est à découvrir cette semaine sur les écrans.

"Ce film est une tentative audacieuse pour s'immiscer et comprendre le monde dans lequel vivent les aveugles, mais aussi une réflexion sensible et pleine d'émotion sur les sentiments et le vécu des aveugles et des malvoyants".

Interview avec le cinéaste:

Au début du tournage de “Amours aveugles", distribué au printemps 2008 en Slovaquie, le scénario original avait pour titre " Chercher". A quoi ressemblait cette première version?
“Chercher” était la première version du scénario de Amours aveugles . Après il y en a eu deux autres. Dès la première version les personnages étaient les mêmes. Il y avait les premières bonnes idées, mais il manquait quelque chose, une chose qui fasse le lien entre eux tous. Et c'est ainsi que l'amour est devenu le lien. J'ai entendu dire que pendant un temps vous avez envisagé de transformé le scénario du documentaire pour en faire une fiction.
J'ai d’abord eu l'idée de l'histoire d'une jeune femme aveugle qui tombe amoureuse d'un homme qu'elle n'a jamais vu..Elle ne fait que le ressentir, l'écouter. Je me demandait ce qui déclenchait l'amour dans ces conditions. Chercher les origines de l'amour. L'amour est-il visible ou non?
J'ai essayé d'écrire quelque chose avec Zuzka Liová (une jeune réalisatrice) mais j'ai vite compris que je devais trouver de vrais gens. Une vrai aveugle qui tombe amoureuse...Je me suis donc orienté vers le documentaire.

Comment vous est venue l'idée de faire un film sur le rapport des aveugles à l'amour?
C'est ma discussion avec une jeune fille aveugle qui a tout déclenché. Nous nous sommes rencontrés sur le tournage d'une publicité caritative que je réalisais.
Un jour, nous discutions et je lui demande, au cours de la conversation, si elle a un amoureux. “Non, me dit-elle, pas encore.” Mais elle me raconte qu'il y a, dans son école, un garçon auquel elle ne cesse de penser. Elle l'a croisé un jour dans un couloir, a respiré son parfum et a senti que quelque chose de spécial se produisait en elle.
A partir du moment où elle m'a fait part de cette histoire, je me suis dit que ce thème pouvait être intéressant à développer au cinéma. J'ai eu envie de percer ce mystère de l'amour pur, celui où, les considérations physiques n'entrent pas en ligne de compte puisque les aveugles ne peuvent voir leurs partenaires.
J’avais envie d’écrire une histoire inspirée de la vraie vie d’une aveugle. J’ai cherché dans cette direction et au final je me suis retrouvé avec 4 personnages. Chacun ayant une expérience différente de l’amour. Je crois que finalement je suis arrivé là où je voulais, par des chemins détournés. C’est ainsi dans le documentaire.
Il y a un monde entre ce que à quoi on pense au départ et ce qu’il en est à l’arrivée; mais finalement les envies du début sont malgré tout satisfaites.

Comment et où avez-vous trouvé vos personnages?

Ça été long. J’ai voyagé à travers le pays en suivant les conseils de certains ou par moi même. Je cherchais des gens portant une histoire en eux. Je voulais des aveugles de naissance, pour que leur vision du monde n’ait pas été polluée par le fait d’avoir été voyant un jour. Des gens qui aient vraiment crée leur monde. Chacun d’eux a apporté une pierre différente à l’édifice du film et j’ai été ravi de constater que chacun avait une approche différente de l’amour.

Amours aveugles a été tourné sur 4 ans. Est-ce que des événements intervenus dans la vie des personnages ont influencé la version finale du scénario?
Travailler sur un scénario ça prend aussi du temps. Les histoires d’amour de chaque couple se termine différemment. Étant donné que le film s’est fait sur 4 ans, le scénario évoluait selon la vie des personnages. Il y a donc eu des surprises. Nous en avons gardé quelques-unes. J’ai eu peur à certains moments que le tournage influence la relation des couples. Au final nous avons évité cela, tout en obtenant ce que nous voulions.

Vous avez écrit le scénario avec Marek Lescák. Quand vous a-t-il rejoint et quel a été son rôle?
J’ai déjà dit que dans la 1ere version du scénario il n’y avait pas de lien qui unissait les personnages. J’ai d’abord demandé des conseils à mon professeur Du_an Hanák. J’ai alors réalisé que je devais travailler avec quelqu’un que je connaissais bien. Je ne regrette pas d’avoir travailler avec Marek qui est un très bon scénariste. On fera sans doute mon prochain film ensemble. Travailler avec lui m’a fait découvrir la joie d’écrire et on s’est vraiment bien amusé et stimulé en écrivant.

Comment avez-vous travaillé avec des “acteurs” non
professionnels aveugles de surcroît?
C’était très intéressant. Ils vivaient devant la caméra sans retenue ni artifices. N’ayant pas à se préoccuper de leur image, ils n’avaient pas le trac.
Péter avait un comportement assez loufoque, avec lui tout était matière à filmer. Miro est quelqu’un de “cool” qui n’a jamais sa canne blanche mais porte toujours des lunettes noires. Zuzka est innocente et belle. Elena est entouré d’un certain mystère. Chacun d’eux avait une grand charisme face à la caméra.
Nous les filmions vivant leur vie, ce qui donnait parfois des situations amusantes. Par exemple, une fois, j’ai trouvé Péter assis devant sa T.V. recouverte de poussière en train de “regarder” du saut à skis. Il comptait le temps entre le décollage et l’atterrissage pour trouver la longueur du saut.

Vous connaissez le chef opérateur Juraj Chlpik depuis le lycée à Bratislava. Comment cela s’est-il passé avec lui pendant le tournage?
Ça a vraiment été une coopération exceptionnelle et enrichissante On était d’accord sur le fait qu’il fallait filmer de la manière la plus naturelle possible, sans lumières artificielles. Dans le noir c’était assez contraignant. On se demandait souvent : “Comment on va filmer ça?” Ils vivent dans le noir, sans lumière. Ce fut une expérience intéressante.

Il y a une séquence en animation avec un sous-marin. Est-ce que cela était prévu dès le départ?
Péter écoute souvent à la radio l’adaptation de 20.000 lieues sous les mers de Jules Verne. Cela m’a donné l’idée de provoquer une rencontre sous-marine entre Péter et une créature sous-marine qui font connaissance par le toucher. La femme de Péter adore tricoter et écoute aussi des feuilletons radios de Jules Verne. Mais pour rien au monde elle n’aurait plongé sous l’eau. C’est ainsi que je l’ai mise dans un sous-marin.
C’est l’illustration de leur monde imaginaire. II explore les fonds marins et elle est avec lui, en sécurité dans le sous-marin. J’ai eu la chance de collaborer avec une équipe d’animateurs de talent, dirigée par Michal Struss et Stefan Martauz.

Dans votre film, on a le sentiment que chacune des quatre histoires commence à la façon d'un vrai documentaire pour ensuite, glisser petit à petit vers la fiction...
C'est vrai que j'aime beaucoup la vérité et l'authenticité. Ce sont d'ailleurs de vraies histoires qui m'ont inspiré l'histoire de mon scénario. De plus, les histoires vraies sont souvent les plus originales... Maintenant, c'est vrai qu'à partir de ce matériau, j'aime bien “switcher” vers la fiction.

En fait, en amour, les aveugles ont les mêmes soucis que nous. C'est ce que dit Amours aveugles!
C'est vrai que je n'ai pas voulu aller dans le triste ou le sentimental. J'avais envie de montrer toute la beauté des gens que je filmais.
Je crois que mes personnages, par leur mode de vie, ont des choses à apprendre aux spectateurs. Moi-même, cette expérience m'a fait beaucoup changer. Au début du tournage, je voyais les aveugles comme des gens plongés dans l'obscurité, tristes, réduits à leur handicap. A la fin, ma vision des choses avait complètement évolué.
Aujourd'hui, quand je croise la route d'un aveugle, je me dis, “tiens, celui-ci doit être étudiant, peut-être même qu'il est amoureux”. Bref, je le vois comme quelqu'un qui possède sa propre histoire et son monde intérieur.

Il y a des scènes drôles dans “Amour aveugles”. Mais comment être sûr de faire rire “avec” les aveugles et non pas à leurs dépends?
Vous soulevez effectivement une question délicate. Je crois que j'ai été aidé parce que le tournage a duré longtemps. J'ai donc eu le temps d'apprendre à connaître chacun de mes comédiens. L'amitié qui s'est créée entre nous a sans doute amené une approche encore plus sensible des choses sur le film.
En tous les cas, je n'avais aucune envie de les blesser. Une confiance mutuelle s'est instaurée. D'ailleurs, preuve que cela a fonctionné, quand ils ont vu le film, les interprètes ont été très satisfaits.
                                                                                     
(Cannes, 2008)

Site du film: Amours aveugles



Réagir


CAPTCHA


Calendrier
« Décembre 2017 »
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031
Livre d'or Pas encore de message

Aller sur le livre d'or

Météo

Vendredi

min. 3 ° max. 6 °
Pluie

Samedi

min. 2 ° max. 6 °
Partiellement nuageux

Dimanche

min. 4 ° max. 7 °
Partiellement nuageux