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"Le Fils de Saul" de Laszlo Nemes, la force incontestable d'une Palme d'or

Avec Le fils de Saul, présenté ce vendredi au Festival de Cannes, le hongrois Laszlo Nemes raconte l'horreur des chambres à gaz avec une virtuosité et une force incroyable.

 

Choc! Le mot est fort, galvaudé aussi, mais en ce qui concerne Le Fils de Saul, il n'est pas vain. Rarement a-t-on eu l'occasion de voir un film aussi maitrisé tant dans sa mise en scène que dans son propos. Pour évoquer les camps d'extermination des nazis, le réalisateur a choisi le point de vue d'un Sonderkommando, ces déportés choisis par les SS pour accompagner les convois jusqu'aux chambres à gaz, puis extraire les cadavres et les brûler. 

Saul est un de ces hommes, déshumanisé par la tâche qu'il doit accomplir, survivant en attendant la mort certaine qui le guette lui aussi. Dès la scène d'ouverture, Nemes frappe fort en montrant des déportés poussés à la hâte vers une douche dont ils ne connaissent pas l'issue. On entend des cris, des pleurs de bébés, des tirs, et puis des voix de SS qui demandent aux déportés de se souvenir du numéro de crochet où ils ont accroché leurs vêtements. Nemes nous confronte à cette usine de la mort qu'était Auschwitz-Birkenau par le son tout d'abord. Assourdissant. 

Un voyage insoutenable dans l'indescriptible

Mais il ne faut surtout pas croire que Le Fils de Saul est un voyage insoutenable dans l'indescriptible. Sa force, c'est de ne pas montrer l'horreur de face. C'est en arrière-plan dans le flou ou hors-champ qu'il montre la mort. Jamais sa caméra ne s'attarde, voyeuse. Le spectateur connait l'issue de ce processus et n'en est que plus terrorisé par son organisation.

En montrant ainsi, dans le détail, le nettoyage des salles de douche, le fonctionnement des crématoriums, le traitement des cendres, le ramassage des objets laissés par les déportés, Nemes n'en est que plus percutant. Le Fils de Saul fait paraître bien mièvre, tout d'un coup, tous les films qui ont abordé le sujet auparavant. Il répond aussi à la question indispensable: comment montrer la Shoah? Nemes montre, comme avant lui l'exposition Mémoire des camps, qui livrait les quatre seules photos témoignages de l'extermination, qu'on peut poser un regard sur la barbarie. 

Un vrai film de cinéma

Ce premier film, sur lequel le réalisateur a travaillé pendant cinq ans, est aussi une fiction, un vrai film de cinéma. Le film se concentre sur un unique point de vue de ce hongrois. Il n'est ni résistant, ni remarquable. Sa quête pour enterrer un jeune garçon de manière décente est aussi inexplicable que belle. A travers son parcours, Laszlo Nemes nous parle d'espoir au bout de l'enfer, de rédemption, de solidarité.  Le Fils de Saul est un film qui comptera dans l'histoire du cinéma. 

(L'Express)


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