La Conversation de Bolzano de Sándor Márai - au théâtre
Adaptation : Jean-Marie Galey et Jean-Louis Thamin
Mise en scène : Jean-Louis Thamin.
Assistant: Antoine Verbièse. Costumes: Sidania Da Costa. Construction et accessoires: Antoine Milian. Lumières: Jean-Louis Thamin.
Avec Jean-Marie Galey, Teresa Ovidio et Hervé Van der Meulen
Du 30 mars au 19 avril 2012
Théâtre de l'Atalante
10, place Charles Dullin Paris 18e
Métro Anvers, Abbesses
Tél : 01 46 06 11 90
lundi, mercredi, vendredi à 20h30 jeudi, samedi à 19h00, dimanche à 17h00
relâche le mardi
Les critiques du spectacle se trouvent en bas de page, sous la dernière photo
« Tout sentiment est une aventure. »
Cinq ans après un duel au cours duquel le Comte de Parme a arraché aux griffes du célèbre séducteur vénitien la jeune Francesca, les deux hommes se retrouvent à Bolzano.
Casanova est en fuite, après son évasion des Plombs de Venise. Le tout puissant Comte de Parme, qui a depuis épousé la belle, vient lui proposer un pacte dangereux : une nuit avec Francesca contre le renoncement définitif de celle-ci à toute relation avec lui.

Teresa Ovidio est Francesca
« Toi, va de par le monde, vis, mens, dérobe l’or et les corps, déchire toutes les jupes que tu rencontreras sur ta route, vautre-toi dans tous les lits près desquels te conduiront tes pas, cultive ton genre, fidèlement. Mais, jour et nuit, tu sauras, dans l’extase du baiser, dans les bras des femmes, tu sauras toujours que c’était moi la vraie, la plénitude, la vie, et que tu m’as offensée et vendue. Tu sauras que tu aurais pu avoir tout ce qu’un homme peut avoir, et que tu t’es contenté d’un contrat, que tu as été intelligent et lâche, et que la vie ne te donnera plus jamais rien. Tu sauras que mon corps, qui est une partie de ton corps, ne pourra jamais être à toi, et pourra être à tous ceux qui le voudront. Tu sauras que je vis quelque part, que d’autres hommes m’embrassent, et que tu ne pourras plus jamais m’embrasser, Moi aussi à ma façon, je suis une nature fidèle, Giacomo. Je voulais vivre avec toi aussi purement que les hommes pouvaient vivre ensemble dans le Jardin, quand il n’y avait pas encore de péché sur la terre. Je voulais te sauver de ton destin. »

Photo © Laurencine Lot
Les quatre derniers chapitres du roman, que Jean-Louis Thamin et Jean-Marie Galey ont choisi d'adapter, ont pour titres : le contrat, le masque, la représentation, la réponse. Et les personnages eux-mêmes ont le sens de la mise en scène.

traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba,
édité par Ibolya Virág, Coll. Europe centrale, Albin Michel, 1992
On assiste à une joute théâtrale d'une grande virtuosité. Les protagonistes savent assurément manier la langue, connaissent le pouvoir des mots qui enrobent et qui piègent. Les mots de Sándor Márai déferlent, enflent, s'envolent, comme passe le séducteur dans sa course effrénée. Dans ce tourbillon verbal, la jeune femme n'est pas en reste. Elle, qui a appris à écrire pour pouvoir dire son amour, est d'une lucidité amère et folle. Telle une Done Elvire déchue et flamboyante, elle manie elle aussi le verbe avec une précision terrifiante.
Un très beau spectacle, un magnifique texte dont les comédiens louent la qualité de la traduction. A ne pas manquer !

Sándor Márai photographié par André Kertész
à Paris dans les années 1920
« Tardivement reconnu en Europe, Sándor Márai (1900-1989) est aujourd’hui considéré comme l’un des grands romanciers de la Mitteleuropa, à l’égal de Joseph Roth, Schnitzler ou Zweig. Grâce à Ibolya Virág, spécialiste des littératures d’Europe centrale, son succès en France a permis sa redécouverte dans le monde entier, en lui rouvrant notamment les portes des pays anglophones. » Le Magazine Littéraire
« Une pure merveille. » L’Express
« Dans une prose somptueuse, un chef-d’œuvre d’un maître du roman européen, le Hongrois Sándor Márai. » Le Magazine LIRE

Photo © Laurencine Lot
La Conversation de Bolzano, une pièce magistrale à découvrir. Lire la suite sur http://www.theatrotheque.com
S. Márai s’interroge sur ce qui se dissimule sous la passion amoureuse, sur son pouvoir destructeur. On retrouve les thèmes du paraître et du mensonge. Casanova (comme Don Juan), souffre d’un manque, et a recours à la fuite de lui-même. Lire la suite sur http://unfauteuilpourlorchestre.com
La critique de Pariscope, theatreauvent.blog, Snes, Froggy's delight, LesTroisCoups, Télérama
Entretien avec le metteur en scène Jean-Louis Thamin sur France Musique >> Les Traverses du temps
Un article en hongrois : MTI
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Elena Seymenliyska on Sándor Márai's Conversations in Bolzano, an eloquent and fast-moving discourse on love. Lire la suite dans le Guardian...
Précédemment, un autre roman de Márai, "Les Braises", a été adapté au théâtre par Claude Rich au Théâtre de l'Atelier à Paris en 2003 (critique) et par Jean-Pierre Tailhade à la Cave Poésie à Toulouse en 2010 (critique).

