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NOUVEL ARTICLE

sur Les Cloches d'Einstein, roman de Lajos Grendel, écrivain issu de la minorité hongroise de Slovaquie.

Lajos Grendel est décédé le 18 décembre à Bratislava à l'âge de 70 ans des suites d'une longue maladie. Il était attendu à Paris et était content de cette invitation; il avait envie de venir pour présenter la seconde édition en poche de son roman paru aux éditions Ibolya Virag/La Baconnière il y a quelques mois. La vie en a décidé autrement, hélas.

Voici l'article de Gérard-Georges Lemaire:


"Cette fois, Ibolya Virag ne nous présente pas un auteur connu de la littérature d'Europe centrale, qui a souvent été plongé dans le Purgatoire des lettres dans notre pays, mais un auteur né en 1948 à Levice en Slovaquie.

Sous ce titre assez drolatique, Lajos Grendel nous fait découvrir toutes les absurdités du temps du communisme, mais aussi de ce qui s'est déroulé par la suite. Tout commence par un mariage. Le narrateur et héros de l'histoire qui le qualifie de « Moi inégalable » est un jeune homme qui tombe amoureux de Zsófi. Ils s'aiment et tout semble merveilleux.

Mais voilà, le père de la promise est un ponte du parti communiste. Il exige que son futur gendre y adhère (c'est la condition même de ces épousailles) et il lui trouve une place dans ce qu'il appelle un centre de recherche, qui a pourtant les apparences d'un grand atelier de couture, l'IRA. Le voici donc propulsé dans un univers qui aurait un double sens ou une face cachée, d'autant plus qu'il est présenté comme un chercheur ! On lui demande un surnom et il choisit celui de Pierre le Grand (un de ses collègues s'appelle Microfilm !). Quant à son épouse, elle travaille dans un élevage expérimental de poules, lui aussi considéré comme un centre de recherche. Peu à peu, son mariage se désagrège -, de plus sa femme est stérile. Il rencontre une jeune femme, Dóra, dont il s'éprend, mais dont il se trouve rapidement séparé.

Je ne veux pas raconter l'histoire par le menu, pour ne pas gâcher le plaisir du lecteur, mais j'indiquerai seulement que les choses se mettent au plus mal pour notre narrateur, qu'il est renvoyé de l'IRA, qu'il connaît des soucis de toutes sortes ; en plus arrive la révolution, avec tout ce que cela comporte d'excès.
Un peu comme le Josef K de Kafka, il est d'abord broyé par la machine répressive et, comme le personnage frondeur du soldat Chvéik créé par Jaroslav Hasek, il est emporté par la tourmente des événements. Il est au bord de la folie. Son périple tumultueux se conclue par sa réhabilitation et il finit par choisir de travailler dans un zoo.

L'humour irrésistible de l'auteur rend ce livre vraiment extraordinaire, car il parle de la société et de la communauté humaine de l'époque communiste et puis de celle qui a suivi, libérale, cynique et nationaliste, avec une verve et un sens prononcé de la caricature.

Oui, Lajos Grendel, nous fait beaucoup rire, mais derrière ce rire, il y a le spectacle désolant d'un monde qui n'est que pure absurdité et écrasement de l'individualité.

C'est vraiment un roman qui fait rire souvent tout en mettant en lumière la folie d'un régime.
"
 

Gérard-Géorges Lemaire dans Verso-Hebdo le 17 janvier 2019

 


Les Cloches d'Einstein à la Fnac Montparnasse (Paris)

 


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