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GYULA KRÚDY - œuvre, bio, réception critique

Paru en 2015

Gyula Krúdy a trente-trois ans lorsqu’il entreprend de conter les aventures d'un alter ego nommé Sindbad, marin merveilleux et séducteur hors pair parti à la recherche de ses anciennes connaissances féminines.

Ce Sindbad hongrois rêveur, sensuel, cynique, tendre et cruel, déambule à travers les ruelles de Buda et les quartiers animés de Pest, parcourt la province hongroise en calèche ou en train et rencontre ses amies partout où il va : sur les rives du Danube, sous une fenêtre dans un bourg de Haute-Hongrie, près d'une église ou dans un cimetière où Eros et Thanatos sont au rendez-vous.

De son propre aveu, Sindbad ne vit et n’a vécu que pour les femmes et dans chaque relation évoquée, comme dans un rêve, il scrute la réalité de l'amour.

Extase lyrique, humour, ironie et malice, un mélange unique de sensibilité, d’amertume désenchantée et de grande lucidité caractérisent ces nouvelles soutenues par une écriture imagée et musicale qui, à travers un tourbillon de métaphores, racontent avec sensualité la Hongrie.

« Sindbad ou la nostalgie » est le livre le plus célèbre et toujours populaire de Gyula Krúdy (1878-1933) considéré comme l’un des plus grands écrivains novateurs de la littérature hongroise moderne. Sándor Márai, dont N.N. a été le livre favori, avait noté dans son journal : « Sur l'aloès, poussent des fleurs une fois tous les cents ans. L'œuvre de Krúdy est la fleur d'aloès, mystérieuse et magnifique, de la littérature hongroise. »

 

Enfant naturel d‘un avocat aisé issu de la petite noblesse et d’une servante, les parents de Gyula Krúdy (1878-1933) ne se marieront que dix-sept ans après la naissance de leur premier fils.

Krúdy publie sa première nouvelle à l’âge de quinze ans. En 1896, quand il s'installe à Budapest, il a déjà une centaine de publications à son actif. Il connaît rapidement le succès populaire grâce à Sindbad et gagne l’estime des milieux littéraires qui le saluent pour ses innovations littéraires. Il écrit dans la plupart des grands journaux et des revues de son époque comme le célèbre Nyugat (Occident) dont il est l’un des principaux rédacteurs dans les années 1920.

Son apparence seule a suscité une foison de légendes : « Prince de la Nuit », joueur, coureur de jupons invétéré… Amateur de vin et fin gourmet, il aimait passer son temps dans les restaurants et les cafés, mais aussi dans les tavernes des quartiers populaires. Il a néanmoins écrit près de 90 romans, plus de 2500 nouvelles et plusieurs milliers d’articles de journaux. À l’encre mauve, seize pages chaque jour, qu’il ne corrigeait jamais.

La situation politique trouble après la Première guerre mondiale et les conséquences du Traité de Trianon (1920) ont causé de graves problèmes existentiels à beaucoup de Hongrois. Krúdy a passé les dernières années de sa vie dans une pauvreté extrême, aggravée par des problèmes de santé, parce qu’il ne pouvait plus travailler suffisamment pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Le prix Baumgarten (1930) et le prix Rothermere (1932), reçu grâce à Kosztolányi, alors Président du Pen club hongrois, l’ont un peu aidé, mais il était déjà trop endetté. Il s'est éteint seul dans sa maison du Vieux-Buda où l’électricité avait été coupée. Il avait 55 ans.

 

Traduit du hongrois par Ibolya Virág
 

Arrivé à l’âge mûr, après avoir connu la célébrité à Budapest, N. N., le « héros anonyme » de ce court roman, décide de retourner dans sa région natale, le Nyírség, le pays des bouleaux, en Hongrie orientale.

Descriptions inimitables des paysages, couleurs et parfums de la campagne hongroise, histoire d’un hors-la-loi fantasque, scènes de la vie des habitants foisonnent tout au long du récit à la fin duquel il retrouve la femme qu’il avait aimée et leurs fils qu’il ne connaissait pas.

Chez Krúdy ce n'est jamais l'histoire qui compte mais « l'ensemble », ses métaphores, ses ambiances mélancoliques et oniriques et la musique enchanteresse de sa prose qui évoque celle du violoncelle. Des Tziganes qui se faufilent dans l’ombre, des amours furtives à peine esquissées, une auberge sous la neige avec sa véranda multicolore… l’écrivain virevolte sans cesse entre le réel et la fable.

Récit d'inspiration utobiographique au charme puissant, N. N. est le livre par lequel on a découvert Krúdy en France en 1985. - Aussi étonnant que cela puisse paraître, l'œuvre de cet immense écrivain est restée inédite jusqu'à cette date.
Biographie :

Enfant naturel (nomen nescio auquel fait allusion le titre de N.N.) d’un avocat issu de la petite noblesse et d’une servante – à cause des préjugés de l'époque, ses parents n’ont pu se marier qu’après leur septième enfant -, Gyula Krúdy (1878-1933) est né à Nyíregyháza.

À Budapest, il a suscité par son apparence seule une foison de légendes : celle du « Prince de la Nuit », du joueur, du séducteur… Il a écrit néanmoins plus de quatre-vingt-six romans et des milliers de nouvelles. À l’encre mauve, seize pages chaque jour, qu’il ne corrigeait jamais. Krúdy a collaboré à la plupart des grands journaux et des revues de son époque comme le Nyugat dont il a été l'un des principaux collaborateurs dans les années 1920.

Considéré comme l’un des plus grands écrivains hongrois, il a été l‘écrivain favori du psychanalyste Sándor Ferenczi et de Sándor Márai qui relisait N. N. tout au long de sa vie. Plus récemment, Imre Kertész, le Prix Nobel hongrois, lui a consacré de magnifiques pages.

 

à librairie La Procure, Paris

 

« ...je suis à Paris, où les jours de pluie n'ont pas cessé de se succéder depuis deux mois au moins. Ces épatantes pluies m'ont donné envie de rester en Europe, plus que jamais. Et comme toujours dans ces cas-là, l'occasion a fait le larron. Mon amie hongroise Ibolya Virág venait de donner aux éditions La Baconnière une traduction merveilleuse de ce petit livre magique écrit en 1922 par l'écrivain hongrois Gyula Krúdy, N.N. : il ne me restait plus qu'à accrocher à ma porte « Fermé pour cause d'inventaire » et attendre au chaud l'arrivée du vrai printemps.

Chère Ibolya, qui a toujours l'air d'arriver de l'Orient-Express, enveloppée de zibeline de Sibérie et du rire le plus joyeux que je connaisse à Paris. Pourquoi Wes Anderson ne l'a-t-il pas appelée pour son film ? On ne se voit guère, mais elle est là quand il faut.

Ce livre précieux, je l'ai lu, relu et j'ai pensé que Krúdy était l'écrivain de la mélancolie heureuse. C'est très rare, un écrivain qui écrit pour le bonheur et non son contraire, dame Tristesse. Je pourrais vous citer des dizaines de passages à l'appui de ce que je vous écris là. Je me contenterai de glisser sous votre porte l'image de cette « aube d'été venant d'arriver comme la roulotte carillonnante des comédiens »...

« Mélancolie heureuse » veut dire que l'on fait corps avec la fuite du temps au lieu de chercher à le retenir : pourquoi s'en effrayer ? J'aime infiniment que Krúdy évoque au passage « ces petites villes d'eaux qui furent si nombreuses dans l'ancienne Hongrie ».  Ce monde a disparu, et pourtant j'en jouis encore. » Michel Crépu, La Revue des Deux Mondes

 

"Par certains côtés, N.N. rappelle les grands romans de Knut Hamsun : même goût de l'errance, des grands chemins, du vagabondage, aussi bien physique que mental. On pense aussi à Proust, dans cette volonté de ressusciter un temps perdu, enfoui, et dans l'indicible mélancolie qui se dégage de cette quête impossible." Les Lettres Françaises

 

"N.N. est un tourbillon poétique jalonné d'images et d'impressions. Un voyage qui surprend et enivre d'un bout à l'autre." Extrait du premier article paru sur N.N. dans Livres Hebdo.
 

"La profonde mélancolie de la prose de Krúdy s'exprime quand, au sentiment de la permanence du monde, s'ajoute celui de la fugacité promise à tous ici bas." Le Matricule des Anges

"Qui êtes-vous ?!" Lire la réponse sur 20minutes.fr...

 

« On ne résume pas un tel livre : on l’écoute, on se laisse enivrer par les parfums qu’il distille, par les chuchotements de violoncelle qui le bercent, tandis que la mémoire divague à travers les méandres du temps perdu. Un petit bijou. » André Clavel, Le Journal de Genève

« Se laisser mordre par ce court roman est un plaisir des plus suaves. » André Rollin, Le Canard Enchaîné

 

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Bibliographie - traductions françaises :

 

Sindbad ou la nostalgie, nouvelle édition revue et corrigée, augmentée de sept nouvelles inédites. La Baconnière, Collection Ibolya Virag, 2015

Sept hiboux, éds des Syrtes, 2015

N.N., La Baconnière, Collection Ibolya Virag, poche, 2013

L'Affaire Eszter Solymosi, Albin Michel, 2013

Héliotrope, L'Harmattan, 2004

Les Beaux Jours de la rue de la Main d'Or, In fine, 1997 (épuisé)

Courses d'automne, Ombres, 1993

Le Prix des dames, Albin Michel, Collection Europe centrale dirigée par Ibolya Virag, 1992

Le Compagnon de voyage, Albin Michel, Collection Europe centrale dirigée par Ibolya Virag, 1991

Pirouette, Souffles, Collection Europe centrale dirigée par Ibolya Virag, 1989 (manquant)

Sindbad ou la nostalgie, Actes Sud, 1988 (épuisé)

N.N., L'Harmattan, Collection Domaines danubiens fondée et dirigée par Ibolya Virag, 1985, éds. I. Virag, 2002 et 2008. (épuisé)

 
 
 
Courses d'automne (titre original : "Őszi versenyek"). Ombres.

Traduit par Ibolya Virág avec la collaboration de Jean-Pierre Thibaudat.

 

Chez Gyula Krúdy ce n'est jamais l'histoire qui compte mais « l'ensemble » et on retrouve dans Courses d'automne tous les thèmes chers à l'écrivain. Il s'agit d'un récit écrit avec une concision sans égale dans son œuvre. Ben le jockey renvoyé, le personnage principal, n'est pas (pour une fois) l'alter ego de Krúdy, dans son destin pourtant l'écrivain résume tout ce qu'il a voulu raconter sur la misère humaine.

Critiques :

Presque rien : une brève histoire fantasque, rapide et énigmatique, qu'on peut lire distraitement, car elle a l'élégance de ne pas peser. Mais cette légèreté est celle des rêves, des vieilles vérités soudain entrevues, et qu'on ne comprend pas bien, mais dont on sait qu'elles sont tristes et belles. Krudy est un conteur, un petit magicien mystérieux qui nous donne là une histoire d'amour improbable et intrépide, d'où rayonnent en secret tous les leurres, les malentendus, les sottises ou les vilenies à l'œuvre dans la plupart des histoires d'amour. Krudy a cette magnificence toute particulière de conjuguer la grandeur du romantisme version Brentano et la simplicité lumineuse des sourciers de légende. On le lit avec douceur, et tremblement.                      
(Magazine Littéraire, 1993)

 

Ben est un jockey déchu. Les chevaux ne courent plus pour lui, et il garde leur licol autour du cou. Il ne se pend pas. Il bat le pavé de Budapest, le ventre vide, et désœuvré. Il suit une femme « dans le but d'oublier l'heure du déjeuner ». Son nom est Rizili. Peut-être est-elle « la personne avec laquelle il pourrait désormais s'attrister en pensée dans les lits tièdes et malodorants de l'hôtel garni ». Nous sommes en 1922 lorsque Krudy publie cette nouvelle, et après avoir été l'écrivain le plus populaire de Budapest, il s'apprête à vivre des jours difficiles.              
(Libération, 1993)

 

Qu'y a-t-il dans une goutte d'eau, une couleur, une seconde ? Il y a des univers insoupçonnés, des souvenirs, des trésors d'amour et de souffrance. Krudy, grand écrivain hongrois, est aux antipodes de Voltaire. Il utilise le microscope pour faire apparaître dans ses phrases un monde de sensations dilatées. Son héros est un minuscule bonhomme qu'il hisse à la hauteur d'une légende, comme s'il le filmait en contre-plongée. Mais Ben, le jockey renvoyé, qui ne se sépare jamais de son licol pour se pendre si besoin est, est le jouet des circonstances et de la belle dame qui croise son regard dans un parc. Outre un mari, elle a dans son existence de rêve un poète, un soldat et un curé, tous trois convoqués dans le récit au moment précis où ils s'éloignent. La dame se venge d'eux sur Ben, qui est le témoin, puis l'acteur ébloui d'un drame qui se retourne évidemment contre lui. Que croyait-il ? Il n'a vraiment aucune réalité, sauf pour l'auteur et nous.

(Glamour, août 1993)

 

Le Prix des Dames (Titre original : "Asszonyságok díja"). Albin Michel.

Traduit par Ibolya Virág avec la collaboration de Jean-Pierre Thibaudat.

 

« Le Démon qui règne sur le monde entier vint un jour à Pest et trouva refuge dans la maison de l'ordonnateur des pompes funèbres ». Ainsi commence ce roman foisonnant qui se situe à Ferencváros, quartier populaire de la capitale hongroise, où le héros, János Czifra, plus souvent désigné par sa fonction d'ordonnateur des pompes funèbres, rencontre son double, le Rêve. Celui-ci, qui revêt l'apparence d'un bourgeois posé et tranquille, guide Czifra à travers les ruelles de son quartier, l'emmène dans une maison de plaisirs et lui révèle un monde insoupçonné dans lequel il connaîtra l'amour, en la personne de Natália, dont il adoptera l'enfant. Un roman poétique, où rêve et réalité s'entremêlent, et qui nous fait découvrir l'ancien Budapest populaire.

Ecrit dans un style remarquable, où la poésie, l'onirisme, l'humour et l'auto-dérision se mêlent avec bonheur, Krúdy porte un regard sans concession sur son temps, sur ses contemporains, et témoigne du mal-être de ceux qui, comme lui, sont incapables de trouver leur place dans le nouveau monde qui impose en ce début de siècle sa domination, dans la grande « foire » de Budapest.

Grandiose métaphore de la naissance de la capitale hongroise (suite à l'unification de Pest, de Buda et d'Óbuda en 1873), ce livre a été souvent comparé au "Maître et Marguerite" de Boulgakov.



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